L’industrialisation de la santé

Deuxième session. L’industrialisation de la santé : défis économiques et création de la valeur
Table ronde 1. La valeur de l’usage, ou comment l’usage entre-il dans le champ de la valeur ?

« La figure du patient, qui associe désormais son entourage, évolue : en capacité de gérer sa santé, de faire des choix éclairés, d’associer des préoccupations de bien-vivre à celle de l’acte médical il doit désormais être pris en compte dans les modèles d’affaire, comme décideur ou comme payeur. L’influencer devient un enjeu ce qui perturbe le colloque singulier. En même temps, chaque patient est singulier, et sa volonté de se prendre en charge varie dans le temps, selon les circonstances, l’entourage. Sa sensibilité au risque, à la connexion permanente varie également. Comment les acteurs économiques, offreurs, pouvoirs publics peuvent-ils prendre en compte ces éléments ?

Les technologies, spécifiquement celles du numérique et des biotechnologies sont donc créditées d’un fort pouvoir de transformation des pratiques en santé et de l’économie de la santé. En même temps elles ont un coût. Leur apport selon les critères « classiques » médico-économiques statistiques, difficiles à mettre en œuvre est peu probant. Les données collectées en nombre grâce à des objets connectés de la vie quotidienne sont sans doute convertibles en connaissances nouvelles mais pour quels bénéfices cliniques ? Au prix de quelles astreintes susceptibles de menacer le bien-vivre ? La valorisation de ces données rencontre des peurs, des envies, et crée des tensions nouvelles avant même d’être une réalité économique et sociale : comment gérer cette complexité ? »

Intervenants :

Yves Charpak, épidémiologiste et médecin de la santé publique

Valérie Seror, économiste

Jérôme Faggion, entrepreneur

Gérard Raymond, représentant des patients diabétiques

Nadia Frontigny

Président de séance : Robert Picard, CGEIET

 

Table ronde 2. Vers un nouvel écosystème : au bénéfice de qui et de quoi ?  

Comment accompagner l’évolution des technologies en santé au bénéfice du malade et de sa qualité de vie (une médecine centrée sur le malade) tout en intégrant des impératifs économiques et les contraintes du système de santé actuel ? Les technologies liées à la médecine personnalisée – avec le séquençage du génome (génomique, émergence des biomarqueurs et des « tests compagnons »), le développement et l’analyse des big data pour l’aide au diagnostic par exemple et la multiplication des objets connectés – suscitent un grand intérêt de la part de différents acteurs. Ces technologies transformeront l’industrie de la santé dans toutes ses composantes, les relations entre les acteurs clés de l’industrie de la santé (acteurs publics, institutionnels et privés) et les liens entre les malades et les professionnels de santé. Ce nouvel écosystème sera marqué par une évolution des partenariats entre la recherche académique et les acteurs industriels, l’émergence de nouveaux entrants pour lesquels la santé n’est pas leur cœur de métier (tels que les opérateurs de télécommunications) mais aussi de « pure players » (start-ups innovantes en médecine personnalisée) ainsi que par de nouvelles pratiques relationnelles entre ces acteurs très hétérogènes (acteurs publics, assureurs et mutuelles de santé, assisteurs, laboratoires pharmaceutiques etc.). Certains acteurs se positionnent déjà comme de futurs tiers de confiance dans un contexte qui sera aussi caractérisé par le développement de plates-formes qui risquent de conduire à la désintermédiation de la relation soignant-soigné.

Comment concilier la valeur de l’usage et l’efficacité économique la politique de santé dans ce contexte ? Quels seront les nouveaux modèles d’affaires et les modalités de création de valeur ? Mais aussi quels seront les coûts socio-économiques de la nouvelle biomédecine ?

Intervenants :

Bénédicte Geffroy, économiste, Mines Nantes

Uwe Diegel, Directeur général d’iHealth Labs Europe

Frédéric Durand-Salmon, Président de BePatient

Bruno Salgues, Directeur d’études Mines Saint-Etienne

Président de séance : Nabyla Daidj, économiste, Institut Mines Telecom

 

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